04 janvier 2010

Un tweet vaut mieux que deux tu l'auras 

Non, ce blog n'est toujours par mort. Mais c'est tout comme, vu la fréquence des mises à jour. Et puisque que j'ai toujours autant de mal à trouver le temps de bloguer sérieusement, mais encore, parfois, deux ou trois choses à dire sur l'actualité, la migration vers une plateforme apparemment moins chronophage s'imposait.

Ca se passe à l'adresse suivante, principalement (famous last words) pour des commentaires bâclés sur des articles d'éco et des liens vers des graphiques sous Excel encore plus mal faits :
http://twitter.com/imparibus

Qui sait, peut-être que ça me redonnera l'envie de bloguer. Parce que l'exercice des 140 signes est une sacré souffrance quand on est du genre verbeux.

Rendez-vous sur Twitter, donc, et bonne année 2010 aux 3 lecteurs qui sont encore là.

Add. (05/01) : ok, Capitaine, je m'incline, c'est moi qui suis un twit. Le titre est dûment corrigé.

10 septembre 2009

Le bouclier arverne 

5 septembre 2009
Le ministre de l'Intérieur s'est expliqué jeudi sur la polémique née d'une vidéo où on l'entend dire, après qu'on lui a présenté un jeune issu de l'immigration: «Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes».

«Dans ma bouche, il n'y a aucune référence à une origine ethnique, explique-t-il sur RTL. Je faisais référence aux Auvergnats. Je prenais des dizaines de photos avec la délégation auvergnate, un jeune m'arrête et me demande une photo, et le public fait des commentaires sur le fait que l'Auvergne était très présente, et j'ai dit» cette phrase.

15 janvier 2009
Brice Hortefeux, alors ministre du Travail, avait déclaré en janvier dernier que la nationalité française de la secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la Ville, Fadela Amara, n'était pas "forcément" évidente.

La secrétaire d'Etat avait assuré qu'elle n'en voulait pas à Brice Hortefeux, la remarque étant une référence à leurs origines auvergnates communes.
Les bougnats ont bon dos.

02 mai 2009

Jeune et pas con 

Oui, ce blog est toujours aussi moribond. Mais je sors de ma torpeur printanière pour saluer l'attribution par l'American Economic Association de la prestigieuse médaille John Bates Clark au Français Emmanuel Saez (prof à UC Berkeley). Qui, contrairement aux apparences, n'est pas parent avec Damien. Ni avec Benoît.

Alexandre Delaigue (prestement) et Camille Landais (longuement) ont publié des notes sur l'apport scientifique des travaux de Saez. Allez les lire sur ce point, je vais me contenter comme d'habitude d'aborder l'anecdotique et le superflu, en essayant de trier ce que ce prix comporte de bonnes et de mauvaises nouvelles, à la paresseuse manière d'Olivier Pastré.

Mais avant cela, une réponse à une double question que beaucoup se sont posé à l'annonce du prix : comment diable Saez, qui est Français, a-t-il pu remporter une médaille qui est attribuée à "l'économiste américain de moins de 40 ans qui a apporté la plus importante contribution à la pensée et à la connaissance économiques"? Et pourquoi donc Thomas Piketty n'a-t-il pas aussi été récompensé, alors qu'il a coécrit avec Saez une bonne partie des articles qui valent à ce dernier sa récompense?

La réponse est la même : parce que le prix est attribué non pas à un économiste de nationalité américaine mais à un économiste membre de l'AEA qui enseigne dans une université américaine. Ce qui a permis au Canadien David Card de recevoir le prix en 1995. Et empêche aujourd'hui Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, de l'obtenir, au-delà du fait que l'AEA n'admet pas de co-lauréats.

En avant pour les bonnes et les mauvaises nouvelles, donc.

La suite
De façon convenue, c'est évidemment une excellente nouvelle pour Emmanuel Saez lui-même, qui obtient une démonstration éclatante de la reconnaissance de ses pairs et au moins 40% de chances statistiques de remporter un jour un prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel prix Nobel d'économie (au moins, parce que ceux qui ont déjà eu la médaille John Bates Clark et sont toujours en vie peuvent encore obtenir le Nobel).

On pourrait croire que c'est une mauvaise nouvelle pour Esther Duflo, une autre star française de l'économie américaine, qui était la grande favorite pour la médaille cette année. Mais, à 36 ans, il lui reste un peu de temps, d'autant que la médaille John Bates Clark sera attribuée tous les ans à partir de 2010. On voit difficilement l'AEA ne pas la récompenser prochainement.

Par contre c'est une vraie mauvaise nouvelle pour le Cercle des économistes (français) qui attribue, chaque année depuis 1999, le "prix du meilleur jeune économiste" à "un (ou une) économiste de moins de quarante ans qui combine expertise reconnue et participation active au débat public" : Emmanuel Saez a bien été nominé une fois, en 2006, mais n'a pas obtenu le prix. Ca la fout un peu mal. A la décharge du Cercle, on pourrait arguer que les critères d'attribution ne sont pas les mêmes, et que, exilé aux Etats-Unis et peu présent dans le débat public français, Saez ne remplissait pas toutes les conditions pour obtenir le prix. Mais Pierre-Olivier Gourinchas (UC Berkeley) est à vue de nez dans la même situation et a eu le prix en 2008. Ca la fout donc vraiment mal. D'autant qu'il suffisait au jury de lire mon blog pour savoir qui récompenser.

C'est aussi une mauvaise nouvelle pour l'état de la presse française, qui a été infoutue de relayer l'information et semble toujours autant se désintéresser de l'économie telle que la pratiquent les économistes.

On pourrait enfin soutenir que le prix attribué à Emmanuel Saez est plutôt une mauvaise nouvelle pour la recherche économique française, en tant qu'il souligne l'inexorable fuite de nos meilleurs cerveaux vers les universités américains. Phénomène qui ne date pas d'hier (qu'on pense à Olivier Blanchard ou Philippe Aghion), mais qui semble s'accélérer récemment : outre Emmanuel Saez, Esther Duflo et Pierre-Olivier Gourinchas, on peut aussi citer Augustin Landier (NYU), Emmanuel Farhi (Harvard) ou Thomas Philippon (NYU). Selon un article récent de Challenges, 16 des 40 premiers économistes français en termes de citation sont installés aux Etats-Unis.

En fait, au delà de l'évident biais de sélection (pour qu'un économiste français remporte la médaille John Bates Clark il faut, par définition, qu'il enseigne aux Etats-Unis), je pense que l'événement prouve plutôt les bienfaits de la mondialisation en matière de recherche scientifique, et le bénéfice que la France peut en tirer.

D'une part, il me semble qu'on peut interpréter le parcours des économistes français comme le signe d'une spécialisation efficace des pays en termes d'enseignement : solide formation en mathématiques en France (ENS ou Polytechnique la plupart du temps), puis PhD en économie aux Etats-Unis. On souligne généralement, à raison, le fait que les exilés auraient du mal à trouver, en France, un environnement intellectuel et matériel aussi propice à la recherche scientifique. Mais on peut aussi penser que la formation qu'ils ont reçue en France, en classe préparatoire et en grande école, n'est sans doute pas pour rien dans leur réussite outre-Atlantique. Au final, cet arrangement est sans doute celui qui est le plus profitable du point de vue de la discipline économique.

D'autre part, on aurait tort de croire que cette fuite des cerveaux se traduit forcément par une perte nette pour la France. Les exilés n'arrivent en effet pas les mains vides aux Etats-Unis : ils apportent avec eux des références historiques et culturelles françaises. Et ces références influencent, à des degrés divers mais nécessairement, le type de recherche qu'ils conduisent outre-Atlantique. Il en ressort souvent un éclairage nouveau sur la France, à la lueur de l'exemple américain et des comparaisons internationales. Mais l'inverse est aussi possible : ce n'est pas un hasard si ce sont deux Français, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, qui ont remis au goût du jour la recherche économique sur le thème des inégalités et ont réussi à l'imposer dans un débat américain qui vivotait sur des références vieillissantes et de plus en plus erronées au "rags to riches" et à la courbe de Kuznets.

Et ça, c'est clairement une bonne nouvelle.

11 février 2009

You know your blog is dead when... 

10. You haven't posted anything in more than a month.

9. Your blogroll is hit by link rot, big time.

8. When you post something, people greet it with a "maybe his blog is not dead after all".

7. You let spam pile up in comments, and don't care all that much.

6. When you meet other bloggers, you don't talk about blogging.

5. When people mention that you blog, you immediately add that you used to blog.

4. Friends ask if you write for some other website.

3. You've become way less paranoid about the preservation of your online anonymity.

2. You don't want to turn every single thing you read, see or do into a blog post anymore.

1. You're willing to entertain the notion that your blog is dead, on your blog.

01 décembre 2008

27 novembre 2008

Contre la crise, achetons français! 

Qu'est-ce qu'il ne faut pas dire pour échapper aux sifflets des maires de France (je grasse) :

[Le Président de la République] a souhaité enfin que les collectivités locales puissent, dans leurs appels d'offres, "ne pas avoir la seule religion du prix mais puissent faire une part aux petites et moyennes entreprises, aux entreprises du pays, aux entreprises qui prennent l'engagement de ne pas délocaliser, aux entreprises qui sont écologiquement responsables".

"Il y a un tas de dossiers de routes, d'aménagements, de bâtiments à refaire, d'économies d'énergie à gagner, de prêts à taux zéro qu'on peut doper considérablement qui permettront de donner du travail à nos entreprises, qui ont en bien besoin, extrêmement rapidement", a-t-il ajouté.
Cela fait visiblement un bout de temps que Guaino Sarkozy n'a pas ouvert un code des marchés publics : la religion du seul prix a depuis longtemps disparue, remplacée par la délicieuse notion "d'offre économiquement la plus avantageuse" et il est tout à fait possible de prendre en compte "les performances en matière de protection de l'environnement" pour l'attribution d'un marché (article 53 du CMP).

Une chose qui n'a pas changé, par contre, c'est le principe d'égalité de traitement entre les candidats. Et particulièrement d'égalité de traitement entre les gentilles PME de notre pays à nous et les méchantes multinationales de chez eux. Le tout en application des directives communautaires en vigueur, dont la raison d'être est justement d'empêcher ce type de discrimination. Autrement dit, les souhaits du Président sont tout aussi juridiquement irréalisables (et c'est heureux) que politiquement opportunistes (et crassement, en plus). Et les édiles qui tenteraient de mettre en oeuvre ses recommandations risqueraient de goûter aux joies de la justice pénale.

Ca fait déjà un bout de temps que je me dis, en rigolant, "vivement que la gauche revienne au pouvoir, qu'on puisse avoir une politique économique un peu libérale". Aujourd'hui, je ne rigole plus.

26 novembre 2008

Comme des marins bourrés 

Quand les Britanniques décident de faire du déficit, ils ne font pas les choses à moitié (et ils ont raison).



Putain, 8 % de déficit en 2009-2010 (l'année budgétaire britannique va du 1er avril au 31 mars), quand même. De manière assez comique, les Anglais avaient réussi à passer, au moins auprès des commentateurs français, pour des parangons de la vertu fiscale, alors qu'ils accumulent des déficits autour de 3% depuis 2002. Ca ne devrait plus durer longtemps.

Le plus beau, si l'on en croit le rapport pré-budgétaire du Trésor de Sa Majesté (pdf, p 3), est que la dégradation du déficit doit assez peu au plan de relance de Gordon Brown (20 %) et énormément (80 %) à des stabilisateurs automatiques gonflés aux stéroïdes :
Public sector net borrowing (PSNB) increases from 2.6 per cent of GDP in 2007-08 to 8.0 per cent in 2009-10, reflecting the impact of the economic downturn on receipts, in particular from the financial and housing sectors, the effect of the automatic stabilisers and the action the Government is taking to support the economy. Of this around 1.1 per cent of GDP is as a result of discretionary action to support the economy.
Bon, j'avoue avoir un peu de mal à comprendre en quoi ce résumé cadre exactement avec les autres chiffres fournis par le Treasury. Le tableau page 4 fait état d'un déficit structurel (donc corrigé des variations de la conjoncture) qui passe de 0,8 % du PIB en 2007-2008 à 4,4 % en 2009-2010, soit une dégradation de 3,6 %. Etrange.

En tout cas, les responsables du Treasury ont gardé le sens de l'humour :
The fiscal projections set out in this Pre-Budget Report are consistent with returning to cyclically-adjusted current balance and debt falling as a share of the economy by 2015-16 when the global shocks will have worked through the economy in full.
Pareil pour moi : mon passage d'un demi-paquet à un paquet de clopes par jour est tout à fait cohérent avec mon arrêt définitif du tabac à la fin 2009, une fois que la phase de boulot intense sera terminée.

25 novembre 2008

Lâcheté mal placée 

Encore un attentat en Corse (contre la voiture banalisée, et heureusement vide au moment de l'explosion, du directeur adjoint de la PJ d'Ajaccio), encore une condamnation rituelle de la part des autorités :
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a condamné "avec la plus grande fermeté" cet attentat. Dans un communiqué, elle a dénoncé "cet acte lâche" et renouvelé "sa confiance et son soutien à l'ensemble des forces de l'ordre engagées en Corse".
Rien que de très classique. Mais l'invocation de la lâcheté après chaque acte terroriste ne laisse pas d'être problématique. Supposons, par exemple, que les auteurs de l'attentat aient détruit la voiture à coups de masse, en plein jour, esquivant habilement les tirs des membres des forces de l'ordre arrivés en renfort pour tenter de mettre fin à leurs agissements. A suivre le raisonnement de la ministre de l'Intérieur, leur acte aurait certainement été plus courageux. Aurait-il pour autant été moins condamnable? Evidemment non.

De fait, la mention n'est pas seulement inutile. Elle est véritablement dangereuse, dans la mesure où elle laisse à penser qu'il y a lieu de distinguer entre deux types d'actes terroristes : les actes "lâches", qu'il y a lieu de condamner avec la rituelle "plus grande fermeté" ; et les actes courageux, pour lesquels, je suppose, la fermeté de la condamnation pourrait être un peu moins grande. Conclusion absurde, évidemment. Mais qui démontre l'absurdité du discours officiel.

Comme l'écrivait fort justement Timothy Noah dans Slate, un certain 11 septembre 2001 (et il fallait un certain courage pour l'écrire ce jour-là) :
In truth, notions of "cowardice" and "bravery" are entirely irrelevant when we contemplate the horrors of terrorism. To call a terrorist "cowardly" is to substitute testosterone for morality. Somehow it isn't enough to abhor an act of terrorism or even to promise to make the terrorist pay dearly. The rules demand that the terrorist be branded a sissy. This is not only a childish reflex, but one that weakens the moral force of the condemnation and thereby dishonors terrorism's victims. After all, we don't want brave people to slaughter innocent people any more than we want cowardly people to do so.

20 novembre 2008

Next Up: Tobias Fünke for Surgeon General 

Scariest thing about the upcoming Obama presidency so far: the rise of the mustachioed men.



(via Yglesias)

04 novembre 2008

Mardi soir en direct 

23:55 : Ca commence mal.



Ou plutôt, ça commençait mal. Il y a deux ans, l'institut de sondage SurveyUSA avait réalisé un sondage dans les 50 Etats sur un hypothétique duel entre Obama et McCain. Et le sénateur de l'Arizona était bien entendu très largement favori, emportant 47 Etats sur les 57 50 que comptent les Etats-Unis.

Bien sûr, Obama n'avait quasiment aucune chance dans ce type de sondage, à cause de sa (relative) obscurité médiatique par rapport à un McCain déjà "présidentialisé" par sa campagne de 2000. Mais la carte de 2006 montre bien l'extraordinaire chemin accompli depuis par le sénateur de l'Illinois.

00h10 : le temps de chercher un signal vidéo qui fonctionne (MSNBC, avec Tweety et l'idole des gauchistes Rachel Maddow), j'ai loupé la fermeture des bureaux de vote au Kentucky et dans l'Indiana. Pas de résultats pour l'instant, cela dit. Juste des bouts de sondages sortie des urnes, qui ne valent absolument rien, mais ont redonné un peu d'espoir au clan du Coin.

00h20 : ça tue le temps sur le plateau de MSNBC : Olbermann vient de passer trois minutes à répéter que, oui, il y aura sûrement des gens qui ont voté pour Obama aujourd'hui qui seront encore en vie en 2100. J'en profite pour signaler les principaux blogs que je suis pour les résultats et les analyses instantanées :
00h25 : mon ami Jules est aussi en direct, mais mieux entouré.

00h35 : premiers résultats officiels au Kentucky (8 grand électeurs) et dans l'Indiana (11). Sur 0% et 1% des votes. On est bien avancé. Rappelons les enjeux dans ces deux Etats : McCain va gagner sans problème dans le Kentucky, le petit suspense concernant l'élection sénatoriale, où le chef du groupe républicain au Sénat, Mitch McConnell a pu paraître en danger il y a quelques semaines ; l'Indiana est plus serré mais McCain reste favori. Si Obama l'emporte, les Républicains vont passer une très mauvaise soirée.

00h45 : Obama est passé en tête dans l'Indiana sur Intrade. Et, non, les marchés en ligne ne sont pas omniscients pendant les soirées électorales.

00h50 : pour ceux qui y ont miraculeusement échappé, la carte des heures de fermeture des bureaux de vote dans les différents Etats (rajouter 6 heures pour la France) :



A moins d'une grosse surprise dans l'Indiana, la Virginie sera la grande star de la prochaine heure.

00H55 : à moins que ce ne soit Versac.

01H00 : le Kentucky reste républicain. McCain en tête 8 à 0. Quelque chose me dit que ça ne va pas durer très lontemps. "Too close to call" dans l'Indiana.

01h10 : MSNBC prédit 261 sièges (+/-12) à la Chambre pour les Démocrates (contre 235 sur 435 aujourd'hui). Soit plus que la prédiction moyenne des dangereux gauchistes de Daily Kos. Scarborough : "a total repudiation of the Republican brand".

01h25 : pour l'instant, tout se passe exactement comme prévu. Ca en devient presque inquiétant.

01h30 : en plus d'être graphiquement atroce, le site Internet du secrétariat d'Etat de l'Indiana (qui donne les résultats officiels) se paye le luxe d'être en retard sur les chiffres de MSNBC.

01H35 : en commentaires, François lit Le Monde so I don't have to :
Au secours, lu sur Le Monde (dont le travail consiste à traduire CNN) :

01:19 - La Floride irait à McCain
Selon CNN, 54 % des votants auraient choisi McCain, 46 % portant leurs suffrages sur Obama.

01:07 - McCain donné vainqueur en Virginie
Selon CNN, il l'emporterait avec 55 % des voix, contre 44 % pour Obama.
Au secours, en effet. On rappellera que ces résultats, certes officiels, concernent seulement quelques % du total des bureaux de vote : il suffit que les bureaux ayant finit de "dépouiller" en premier soient peu représentatifs de l'Etat pour que les résultats soient très éloignés du résultat final. Cela arrive souvent quand les zones urbaines (généralement démocrates) annoncent leurs résultats en dernier.

01h45 : Toujours 8-3 pour McCain. WE WANT RESULTS!

01h50 : Olbermann : "Ticket-splitting of almost Biblical proportion in Indiana" (1/3 des électeurs ayant voté pour la réélection du gouverneur républicain Mitch Daniels auraient aussi voté pour Obama). Il me semble en effet que le Pentateuque dit : "le candidat à la peau d'ébène pour président tu prendras".

01H55 : selon le Daily Kos, Obama est en position favorable dans l'Indiana, alors que McConnell (R) devrait garder son siège de sénateur dans le Kentucky.

02h05 : selon MSNBC, Obama gagne la Pennsylvanie et le New Hampshire. Le pari désespéré de fin de campagne de McCain a échoué. Obama est quasiment assuré d'être président.

02h15 : bye bye Liddy Dole.

02h25 : pour l'instant, la carte de 2008 reproduit celle de 2004. Parmi les Etats dont le vainqueur a été annoncé, McCain garde les Etats remportés par Bush, Obama ceux gagnés par Kerry. Le gros problème pour McCain est que ses chances de gagner un des Etats démocrates de 2004 sont infinitésimales. Et que l'avance d'Obama dans l'Iowa ne pourra pas être comblée.

Ce qui donne virtuellement 258 grands électeurs pour Obama. Il en faut 270 pour être élu président, sachant qu'en cas d'égalité 269-269, une Chambre largement dominée par les Démocrates élirait le président. McCain est battu s'il perd la Floride (27 grands électeurs). Ou l'Ohio (20). Ou la Caroline du Nord (15). Ou la Virginie (13). Ou l'Indiana (11). Ou le Missouri (11). Ou le Colorado (9) avec le Nevada (5) ou le Nouveau Mexique (5).

02h45 : le contrat {Obama remporte au moins 370 grands électeurs} est à 40% sur Intrade. C'est-à-dire qu'Obama gagnerait tous les Etats mentionnés au paragraphe précédent. Ca me semble très optimiste.

03h05 : les vainqueurs sont annoncés dans une grosse flopée d'Etats où les bureaux viennent de fermer et c'est 175-70 pour Obama. La carte de 2004 reste inchangée et McCain reste toujours, très théoriquement, en course. Matthews affirme que MSNBC n'annoncera pas de vainqueur pour la présidentielle avant 23H (5H en France, donc). Ma journée de boulot de demain est mal engagée.

03h25 : Ohio pour Obama. Si McCain n'arrive pas à reprendre un des Etats gagnés par Kerry en 2004, il a perdu. Autrement dit : McCain a perdu.

03h40 : Ceteris Paribus is calling the election for Barack Obama. (and uncorking the champagne)

03h45 : Heh. Indeed.

04h10 : Christopher Shays a perdu le dernier siège à la Chambre des représentants qu'il restait aux Républicains en Nouvelle Angleterre. The Economist est inconsolable.

04h40 : je tombe de sommeil et Obama reste bloqué à 207 grands électeurs sur la carte de MSNBC. Mais sa victoire ne fait plus de doute. L'importance historique du moment non plus. Je pense à 2004, quand les commentateurs parlaient d'une majorité républicaine qui devait durer des décennies. A ce matin désespérant de novembre 2000 qui, rétrospectivement, aurait été encore plus désesperant si nous avions su ce qui était à venir. Au long combat pour les droits civiques aux Etats-Unis. Au fait que ce pays et ce peuple, si imparfaits, si agaçants parfois, peuvent encore en remontrer au monde entier. Et j'ai simplement envie, ce soir, d'être heureux. En oubliant, au moins ce soir, que tant d'espoirs investis dans un seul homme seront forcément, au moins partiellement, déçus.