22 janvier 2012
Le Journal du Dimanche soulève un intéressant problème juridique, au détour d'une brève que je cite en intégralité, en y rajoutant mes italiques :Ancien ministre et maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), André Santini a décidé de briguer un sixième mandat de député. Le centriste, proche de Nicolas Sarkozy, ne veut prendre aucun risque dans cette circonscription où Jean-Paul Huchon a, pour la première fois, dépassé la droite lors des régionales. André Santini a donc demandé à Isabelle Debré, sénatrice UMP, d’être sa suppléante. Une rareté qui soulève des interrogations constitutionnelles.Sans qu'il soit besoin de mêler la constitution à cette affaire (de minimis non curat constitutio), l'interrogation est la suivante : une sénatrice peut-elle être la suppléante d'un candidat à l'Assemblée nationale?
Contrairement à ce que pourrait laisser penser l'article du JDD, la réponse est en réalité fort simple : non. L'article L.O. 134 du code électoral proscrit en effet expressément une telle hypothèse, de façon à assurer la disponibilité permanente et effective du remplaçant d'un député :
Un député, un sénateur ou le remplaçant d'un membre d'une assemblée parlementaire ne peut être remplaçant d'un candidat à l'Assemblée nationale.La suppléante envisagée par M. Santini est donc inéligible, ce qui conduirait le Conseil constitutionnel, dans sa fonction de juge électoral et en vertu d'une jurisprudence ancienne, à annuler son éventuelle réélection.
Que faire pour éviter une aussi fâcheuse extrémité?
La solution la plus simple serait de trouver un suppléant éligible.
Une autre option serait qu'Isabelle Debré démissionne de son mandat de sénatrice avant les élections législatives, l'éligibilité des candidats s'appréciant à la date des élections. Cela ferait le bonheur de
La solution la plus élégante, en fait, serait qu'André Santini accepte d'être le suppléant d'Isabelle Debré. Ce serait tout à fait conforme au droit : un sénateur peut être candidat à l'Assemblée nationale (son mandat de sénateur cessant automatiquement s'il est élu député) et André Santini pourrait être suppléant dans la mesure où son mandat actuel de député aura expiré à la date de l'élection. Il ne reste plus qu'à convaincre le maire d'Issy-les-Moulineaux que, passé un certain stade, le cumul des mandats est "plus une faiblesse qu'une force".
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05 octobre 2011
A propos de toute autre chose (l'intérêt de taxer les produits gras), Matthew Yglesias note en passant que :
The thing about Denmark is that it’s a very high tax country. It’s just been governed for a decade by an anti-tax center-right coalition government, whose big achievement was to get total taxes down to 50 percent of GDP. In the United States, I think the Progressive Caucus would laugh at you if you suggested making taxes that high.C'est le genre de remarque qu'on entend fréquemment (exemple type : "la droite française est tellement étatiste qu'elle serait à gauche du parti démocrate aux États-Unis") mais qui me semble en fait très peu éclairante.
Parce qu'en pratique, la structuration du débat gauche-droite ne se fait jamais de manière absolue, en fonction d’idéaux politiques abstraits, mais bien relativement aux institutions et aux politiques existantes, qui différent grandement d'un pays à l'autre.
Pour l'illustrer simplement et à gros traits, la droite va généralement proposer de baisser les impôts par rapport au niveau existant à l'échelle nationale, en souciant assez peu de savoir si ce niveau est élevé ou pas en comparaison internationale. Si le taux de prélèvements obligatoires est à 50%, promettre de les baisser à 45% sera la plupart du temps une proposition portée par la droite. Si le taux de PO est à 40%, un candidat qui propose de les porter à 45% aura de fortes chances d'être de gauche - et d'une gauche bien colorée de surcroît, la promesse d'une nette augmentation des impôts étant rarement vue comme un gage de réussite électorale dans les rangs de la gauche parlementaire.
Le fait que les partis et les candidats se positionnent de manière relative n'est pas étonnant : les électeurs demandent en général du changement, mais peu sont partisans d'un bouleversement complet. Il y a quelques exceptions, par exemple quant un bord de l'échiquier politique est discrédité (1945 pour la France), quand le système en place semble inapte à répondre aux urgences du moment (1958) ou quand une alternance survient après une longue période d'exercice du pouvoir par un camp (1981). Mais, la plupart du temps, les politiques publiques progressent de manière incrémentale, et pas par grands bonds en avant (ou en arrière).
Ce qui fait que la "dépendance du sentier" est souvent importante en ce qui concerne les politiques publiques : dans The Divided Welfare State, Jacob Hacker montre bien comment la décision, en 1954, de défiscaliser les contributions des employeurs aux mutuelles d'entreprises a empêché, et empêche encore, l'émergence d'un système d'assurance maladie universelle aux États-Unis. La prise en compte de cet élément fait que les tentatives de placer sur une même échelle gauche-droite des partis politiques qui s'inscrivent dans des systèmes politiques différents sont largement vaines.
Ou alors, il faudrait aussi considérer que le parti conservateur britannique est à la gauche du PS, parce que les Tories ne proposent pas de démanteler le National Health Service et que les socialistes français ne remettent pas frontalement en cause la charte de la médecine libérale de 1927.
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29 août 2011
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Non seulement la Nati est décrochée dans la course à la qualification de l'Euro 2012, non seulement Federer semble désormais lentement engagé sur la voie du déclin (même si le regain de forme de Murray pourrait lui laisser quelques chances pour l’US Open), mais les Helvètes sont en plus victimes du succès de leur monnaie.
Les investisseurs internationaux, à la recherche de valeurs refuges, se sont en effet rués pour acheter du franc suisse au cours de ces derniers mois. Résultat : une appréciation qui atteignait 30% face à l’euro en un an à la mi-août, comme le montre le graphique ci-dessus, honteusement piqué sur Yahoo Finance.
Tout cela ne fait rire que très modérément la Banque nationale suisse, qui jugeait le 3 août dernier le franc "extrêmement surévalué" et met en œuvre depuis cette date des "mesures contre la fermeté du franc" (pdf).
Et l'appréciation de l’une des neuf dernières devises en circulation portant le joli nom de franc (avec les francs burundais, CFA, comorien, congolais, djiboutien, guinéen, Pacifique et rwandais) n’amuse guère davantage les citoyens helvètes, du moins si l'ont en croit le chapeau d'un article du Figaro publié le samedi 21 août :
L'envolée du franc suisse pénalise les consommateurs helvètes, qui se précipitent en France pour faire leurs courses.
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Je dois à la vérité de reconnaître que le corps de l'article est un peu moins croustillant que ce laisse espérer le chapeau, les consommateurs suisses interrogés ne corroborant pas réellement, au moins dans sa version maximaliste, la thèse de la cherté de la vie en Suisse liée à la hausse récente du franc.
Mais l'occasion est trop belle pour ne pas utiliser la confusion figaroesque à des fins pédagogiques. Quelles sont en effet les conséquences prévisibles de l’appréciation du franc suisse sur l’économie helvète ? Comme souvent lorsqu’il est question de variation de prix relatifs, l’effet global est a priori ambigu, et dépend surtout des agents économiques que l’on considère.
Lire la suite et la fin pédagogiques
Pour les producteurs installés en Suisse, c’est le plus souvent une mauvaise nouvelle. Comme la hausse du franc renchérit mécaniquement le coût relatif des produits suisses par rapport aux produits étrangers, les entreprises basées en Suisse sont potentiellement perdantes sur deux tableaux. Sur les marchés étrangers, elles sont obligées d’accepter une baisse de leurs marges en franc suisse (si l'on prend comme référence une hausse du franc suisse de 0,75 à 0,95 €, une marge de 10 € sur un produit vendu 100 € en Allemagne ne représente plus que 10,5 francs suisses, contre 13,3 francs il y a un an), ou d’augmenter leurs prix, au risque de perdre des parts de marché. C'est la situation à laquelle sont par exemple confrontés les producteurs suisses d'emmental rencontrés récemment par un journaliste d'Associated Press.
Sur le marché suisse, c’est l’effet inverse qui joue en faveur des producteurs étrangers : leur marge exprimée en devises augmente mécaniquement (une marge de 10 francs suisses constituait 7,50 € il y a un an mais 9,50 € maintenant), et elles peuvent se permettre de baisser leurs prix pour tailler des croupières aux producteurs helvètes.
Tous les producteurs de service qui dépendent de la clientèle étrangère sont également perdants : avec un franc suisse 50% plus élevé, les touristes ont en effet étrangement tendance à trouver les Alpes françaises ou autrichiennes ou allemandes ou italiennes ou
Est-ce à dire que la hausse du franc suisse est une catastrophe absolue pour la Confédération et ses habitants? Evidemment pas.
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Mais l’irrésistible ascension du franc est avant tout une excellente nouvelle pour les consommateurs suisses. De deux choses l’une, en effet. Soit ils font leurs achats en Suisse et ils bénéficient de la baisse des prix des produits importés : on a vu plus haut que les producteurs étrangers avaient intérêt à diminuer leurs prix sur le marché suisse pour gagner des parts de marché vis-à-vis des producteurs locaux. Soit ils achètent des biens et services en se rendant à l’étranger et ils profitent d’un taux de change beaucoup plus favorable; pour reprendre un exemple de l'article du Figaro, un kilo de jambon cru espagnol vendu en France pour 21,5 € pouvait être acheté pour seulement 22;5 francs suisses à la mi-août, contre 28,5 francs il y a un an.
A partir de là, comme disent mes amis footballeurs, l’effet total sur l’économie helvète n’est ni univoque, ni évident. On peut imaginer que la balance commerciale suisse va d’abord s’améliorer, grâce à la diminution du prix des produits importés, puis se détériorer, en raison des pertes de parts de marché des entreprises suisses à l’étranger. Pour ceux qui ont de vagues souvenirs de la courbe en J de Marshall et
Les modèles macroéconomiques basés sur l'économie française ont généralement tendance à montrer que les effets négatifs d’une hausse du taux de change l’emportent au bout d’1 ou 2 ans sur les effets positifs. Mais ils ne prennent tout aussi généralement pas en compte le fait que la baisse de l’inflation (via la diminution des prix des importations) permet à la banque centrale de mener une politique monétaire plus accommodante. Exactement ce que fait la Banque nationale suisse en ce moment.
Une chose est sûre, en tout cas : sur sa thèse principale, l’article du Figaro a tout faux. Ce n’est pas que la vie en Suisse soit devenue plus chère (en tout cas pour les résidents suisses), c’est juste que la vie en France (ou en Allemagne, ou en Italie, ou en Autriche
Comment alors Le Figaro a-t-il pu se tromper à ce point ?
La réponse la plus évidente est à l’intersection de « parce que la culture économique des journalistes français est déplorablement faible » et « parce que Le Figaro est devenu un tel torchon sous la période Dassault qu’on en vient à regretter l’époque Hersant ». Mais l’intérêt pédagogique d'une telle explication est somme toute assez limitée.
Elle est aussi incomplète. A bien lire l’article, on comprend en effet que ce que reprochent les consommateurs suisses n’est pas tant la hausse des prix dans la Confédération que l’absence de baisse des prix de certains biens importés. La tendance théorique à la diminution du prix des importations suite à une appréciation de la monnaie n’a en effet rien d’automatique.
Il faut d’abord que ce soit juridiquement possible. Dans la mesure où les contrats entre fournisseurs et distributeurs peuvent fixer un prix pour une période de temps longue, la traduction de la variation du taux de change dans les prix des produits importés ne se fera que progressivement.
Il faut ensuite que le producteur étranger décide de baisser ses prix. En général, il ne le fera que s'il pense pouvoir pouvoir gagner suffisamment de parts de marché ou au contraire s'il craint d'en perdre, ce qui ne sera le cas que s’il a des concurrents capables de baisser eux aussi leur prix ou - spéciale dédicace Bill - des concurrents potentiels capables d’entrer rapidement sur le marché. Si le marché est peu concurrentiel, ou peu contestable, ou si un produit est peu substituable, la baisse sera peu probable. Je doute ainsi fortement qu’Apple ait baissé le prix de son IPhone en Suisse à hauteur de l’appréciation du franc.
Il faut enfin que le distributeur choisisse dans le prix de vente la baisse de prix qu’il aura obtenu auprès de ses fournisseurs étrangers. Là encore, ce choix va dépendre de la structure concurrentielle. Si les distributeurs se tirent la bourre, on peut raisonnablement parier que le prix de vente va rapidement baisser. Sinon, non.
Les consommateurs suisses de l’article du Figaro ont donc certainement mis le doigt sur un vrai problème. Mais le vrai coupable, s’il faut en trouver un, n’est pas l’appréciation du franc mais l’absence de concurrence dans le secteur de la distribution en Suisse.
Finalement, les Suisses ne sont pas si différents des Français. Ce n’est pas qu’ils n’aient pas de bonnes raisons de se plaindre. C’est juste, pour citer Desproges qui citait Senghor, qu’ils ont une fâcheuse tendance à se tromper de colère.
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26 août 2011
The [French Socialist] party is not out of tune with public opinion. The French are almost uniquely hostile to the capitalist system that has made them one of the world’s richest people. Fully 57% say France should single-handedly erect higher customs barriers. The same share judge that freer trade with India and China, whose consumers snap up French silk scarves and finely stitched leather handbags, has been “bad” for France.
The Economist, 27 août 2011, "Among the dinosaurs"
"Do you think the recent economic expansion in countries like China and India has been generally good for the U.S. economy, or bad for the U.S. economy, or had no effect on the U.S. economy?"
- Good : 14 %
- Bad : 62 %
- No effect : 10 %
- Unsure : 14 %
CBS News Poll, 31 juillet au 5 août 2008
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05 juillet 2011
Roger Federer ne gagnera plus aucun tournoi du Grand Chelem (sauf si Andy Murray se met à en gagner)
La victoire de Novak Djokovic en finale de Wimbledon a été célébrée comme il se doit par les fans éperdus de Roger Federer (dont je suis).
D'abord, évidemment, parce que la défaite de Rafael Nadal l'a empêché de se rapprocher encore un peu plus du record de victoires dans les tournois du Grand Chelem détenu par le Suisse : Rafa reste à 10, tandis que Rodgeur en compte 16 depuis son succès à l'Open d'Australie en janvier 2010.Mais peut-être aussi parce que la thèse selon laquelle Djokovic serait devenu la bête noire de Rafael Nadal semble redonner toutes ses chances à Federer pour les prochains tournois du Grand Chelem. Le raisonnement sous-jacent est le suivant :
- Nadal a un avantage psychologique certain sur Federer. Les deux joueurs se sont affrontés 25 fois dans leur carrière et Nadal mène 17 à 8, dont 7 à 2 pour les matchs disputés en Grand Chelem,
à chaque fois en finalequi étaient tous, sauf un (1/2 finale de Roland Garros 2005), des finales. Nadal a battu Federer sur terre battue (5 finales de Roland Garros), sur gazon (la mémorable finale de Wimbledon de 2008) et sur dur (la finale de l'Open d'Australie de 2009). Federer n'a plus vaincu Nadal en Grand Chelem depuis 2007, et les matchs disputés depuis lors ont amplement prouvé les difficultés particulières du Suisse quand il joue l'Espagnol.
- Djokovic a pris l'ascendant mentalement sur Nadal. Ça ne se voit pas encore vraiment quand on regarde les confrontations directes (16 à 12 pour Nadal) et encore moins les matchs en Grand Chelem (5 à 1 Nadal). Mais Djokovic a battu Nadal 5 fois de suite en 2011, sur toutes les surfaces : 2 fois en finale sur dur, 2 fois en finale sur terre battue et 1 fois en finale sur gazon. Surtout, Djokovic a réussi à prendre Nadal à son propre jeu, à gagner les échanges longs et à l'asphyxier à coups de balles longues, comme personne n'avait réussi à le faire jusqu'à présent.
- Federer serait toujours la bête noire de Djokovic. Pour le coup, c'est nettement plus discutable : certes Federer mène 14 à 9 dans leurs confrontations directes (5 à 4 dans les tournois du Grand Chelem) ; certes, il est le seul à l'avoir battu cette année. Mais Djokovic avait quand même battu Federer en 1/2 finale à l'US Open 2010 et à l'Open d'Australie 2011. Ce qui semble à peu près sûr, néanmoins, est que Federer ne fait pas de complexe face à Djokovic et l'on peut même soutenir que la demi-finale de Roland Garros, qui a brisé pour quelques jours l'aura d'invincibilité du Serbe, lui donne un léger avantage psychologique pour l'avenir.
- Donc Nadal > Federer > Djokovic > Nadal...
- ... et en vertu du principe d'intransitivité et en oubliant pour l'instant de possibles trouble-fête, on se dit que les trois devraient se partager à peu près équitablement les tournois du Grand Chelem à venir.
- soit Federer est dans la partie de tableau de Djokovic, et c'est Nadal qui gagne le tournoi (Federer bat Djokovic en 1/2 et perd contre Nadal en finale);
- soit Federer est dans la partie de tableau de Nadal, et c'est Djokovic qui gagne le tournoi (Federer perd contre Nadal en 1/2 et Djokovic bat Nadal en finale).
Que faire? Une solution est d'emmagasiner beaucoup de points en dehors des Grands Chelems, pour retrouver une place dans les deux premiers mondiaux. Ce n'est pas impossible mais Federer semble moins bien placé à ce jeu-là que Nadal (pour qui la saison sur terre battue reste une chasse largement gardée) ou Djokovic (qui est plus jeune et sans doute davantage capable d'enchaîner beaucoup de matchs sur une saison).
Paradoxalement, la meilleure solution est que d'autres joueurs entrent dans le cercle des possibles vainqueurs réguliers des tournois du Grand Chelem. Ce serait une vraie nouveauté : depuis
Il ne reste donc plus à Federer qu'à prier pour que Murray n'ait pas déjà lui aussi attrapé un méchant complexe d'infériorité face à Nadal, que le vilain raté alors qu'il menait 1 set 0, 2-1 et 15-30 en demi-finales vendredi dernier n'aurait pas franchement arrangé.
Add. (07/07) : quelques erreurs factuelles ont été corrigées. Merci à Robin Ryder d'avoir relevé la plus embarrassante.
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15 janvier 2011
Au Journal officiel du 13 janvier 2011 :
Décret du 11 janvier 2011 portant nomination (magistrature) - Mme Thomas (Monique)
Par décret du Président de la République en date du 11 janvier 2011, vu la décision du Conseil supérieur de la magistrature statuant comme conseil de discipline des magistrats du siège en date du 21 juillet 2010, prononçant la sanction de l'interdiction d'être nommée ou désignée dans des fonctions à juge unique pendant une durée de cinq ans assortie du déplacement d'office, vu la notification de cette décision à l'intéressée en date du 10 août 2010, Mme Monique Thomas, juge au tribunal de grande instance de Valence, est nommée juge au tribunal de grande instance d'Epinal.
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02 novembre 2010
Oui, ce blog est toujours complètement mort mais il serait vraiment dommage de ne pas perpétuer la tradition du blogage en direct des élections américaines, commencée il y a 4 ans. Surtout que ça avait plutôt porté aux chances aux démocrates les deux premières fois.
Autant le dire tout de suite : il n'y aucune chance que ça continue pour ces midterm-ci. Tout indique en effet que les démocrates vont se prendre une méchante branlée dans les urnes. Branlée qui n'est pas vraiment surprenante au vu de la mauvaise conjoncture économique aux Etats-Unis et de la fâcheuse mais logique tendance du parti du Président à perdre un nombre conséquent de sièges aux élections de mi-mandat. Mais qui devrait assurer aux républicains le contrôle de la Chambre des représentants (il leur faut gagner au moins 39 sièges et les dernières projections leur en donnent une cinquantaine) et de la majorité des sièges de gouverneurs d'états. Et aussi des gains conséquents au Sénat, même si la chambre haute devrait rester acquise aux démocrates, au vu de leur position actuelle (59 sièges sur 100) et du fait que seul un gros tiers des sièges est en jeu.
Tout l'enjeu de la soirée, considérations fumeuses mais pas sans intérêt mises à part, est donc de savoir jusqu'à quel point les résultats seront mauvais pour les démocrates. Au vu des sondages, ils s'en tireraient à bon compte en gardant 51 sièges au Sénat et en limitant les gains républicains à la Chambre en deçà du score de 1994 (54 sièges gagnés). Au-delà, et surtout si le GOP détient au moins 50 sièges au Sénat (ce qui rendrait une défection côté démocrate plausible), on peut s'attendre à un déluge de métaphores géologiques et à plusieurs mois d’auto-flagellation dans le camp démocrate.
Je rappelle que les premiers résultats (Indiana et Kentucky) tomberont à partir de 18H00 heure de la côte est, soit 23H00 heure française, grâce à la magie du décalage transatlantique dans le passage à l'heure d'hiver. Pour ceux qui, contrairement à moi, dédaignent le foot et voudraient se remettre à niveau d'ici-là, l'analyse historique de Justin Vaïsse et les deux scénarios polaires (déferlante républicaine ou résistance démocrate) brossés par Nate Silver sont d'utiles mises en bouche. A tout à l'heure.
23H15 : 37 élections sénatoriales, 435 élections à la Chambre des représentants, 36 élections pour le poste de gouverneur et 47 états fédérés qui renouvellent leurs parlements. Sans compter les dizaines de referendums locaux, et les élections pour pourvoir les juges et les "ministres" dans les différents états. Ça fait beaucoup. Et il manque une élection présidentielle qui focalise l'attention et permet de regarder le reste comme secondaire. Le mieux à faire pour survivre à l'avalanche d'information est d'avoir sous la main le guide des élections qui comptent, comme ceux de 538 (enrichi en stats), de Daily Kos (pour les démocrates indécrottables qui préfèrent se coucher tôt en cas de mauvais résultat à la Chambre ou au Sénat) ou de TNR (pour une vue d'ensemble).
23H25 : Il y a aussi des listes moins sérieuses, comme celle des candidats les plus détestables cette année (comme ce candidat démocrate du Tea Party dans l'Indiana), celles des démocrates qu'ont va regretter (ou pas) et celles des démocrates qui ont une chance de reprendre un siège à la Chambre aux républicains (c'est la plus courte).
23H30 : Ah, les sites officiels (et tout pourris) de résultats des élections au niveau des états. Ça m'avait manqué. Pour l'instant, pas grand chose ne bouge dans l'Indiana.
23H35 : parce ce que ça manque de couleur, la traditionnelle (et bien utile) carte des horaires de fermeture des bureaux de vote, piqué chez Swing State Project.
23H50 : les premiers éléments des sondages sortie des urnes commencent à tomber. 41% des électeurs se disent de sensibilité "conservatrice" dans le sondage pour NBC. C'est beaucoup plus qu'en 2006 et 2008 mais en-dessous du seuil critique de 45% dont parlait Ed Kilgore dans son guide pour TNR. Et "seulement" 56% souhaitent moins d'intervention de l'Etat. Ça aurait pu être pire pour les démocrates.
23H55 : "Sacramento Bee exit polls show age a major indicator of support for Prop 19". Quelque part, on s'en doutait un peu. (Pour ceux qui ne sont pas accros, la proposition 19 est le référendum sur la légalisation de la marijuana en Californie.)
00H20 : je profite du fait qu'il ne se passe pas encore grand chose au niveau des résultats pour faire un
00H35 : pour l'instant, les résultats partiels dans l'Indiana ne sont pas vraiment encourageants pour les démocrates. Les résultats vont être gais. Comme le candidat démocrate élu maire à Lexington, la deuxième ville du Kentucky. Félicitations à lui.
00H50 : si j'avais un candidat démocrate à sauver ce soir, ce serait Tom Perriello (5e circonscription de Virginie), élu de justesse en 2008 dans une circonscription à majorité républicaine, et qui a néanmoins voté au Congrès selon ses principes plutôt qu'en fonction de sa réélection. Inutile de dire qu'il n'a quasiment aucune chance de gagner.
01H00 : selon Nate Silver, la victoire de John Yarmuth dans la 3e du Kentucky est un signe que la soirée ne sera peut-être pas apocalyptique pour les démocrates. Mouais. Yarmuth était 102e sur la liste de 538 des démocrates les plus vulnérables. Autrement dit, s'il avait perdu, on pouvait s'attendre à une centaine de sièges repris par les républicains. Heureusement qu'on en est pas encore là...
01H05 : BREAKING NEWS! Le live de C-Span (la chaîne parlementaire américaine) a commencé.
01H10 : les médias annoncent la défaite de Christine "I'm not a witch, I'm you" O'Donnell dans le Delaware. Il vaut mieux entendre ça que d'être sourd, je suppose.
01H15 : On a retrouvé les électeurs démocrates! Ils sont tous (all three of them) en train d'appeler le standard de C-Span. Si quelqu'un a trouvé un lien vers l'édition spéciale d'une chaîne américaine un peu moins confidentielle, je suis preneur.
01H20 : les démocrates reprennent l'unique siège de représentant du Delaware. Total provisoire à la Chambre des représentants : démocrates + 1 siège. On peut s'arrêter là?
01H30 : une bonne synthèse des élections qui comptent pour le Sénat.
01H45 : Caller on C-Span: "with all the attacks on the Constitution, I had to vote Republican this year". Like the attacks on the establishment clause, right?
01H50 : en 2008, les républicains avaient perdu tous leurs sièges de représentants en Nouvelle Angleterre. Ils en reprennent au moins deux, sûrement 3 ou 4 ce soir. Une défaite pour les démocrates, mais pas forcément une mauvaise nouvelle concernant la composition idéologique du groupe républicain à la Chambre.
01H55 : le
02H05 : le discours de Jack Conway (qui a perdu contre Rand Paul dans le Kentucky) est vraiment très bon. Contrairement à sa campagne.
02H20 : la Chambre des représentants sera républicaine. Pas de surprise. Les média prévoient un gain net entre 50 et 60 sièges. Ce n'est pas une surprise non plus. On dit que c'est une grande mais pas totalement écrasante victoire des républicains et on va se coucher? Ou on attend de voir s'il y a quelques surprises en réserve dans les sénatoriales qui restent?
02H35 : les électeurs de l’Oklahoma approuvent une proposition interdisant aux juges de faire référence dans leurs décisions au droit international et à la charia. Pour de vrai.
02H50 : "GOP over-performing in the House and the Dems, possibly, doing the same in the Senate" (Josh Marshall). C'est effectivement l'impression qu'on peut avoir, au milieu de la soirée aux Etats-Unis. Mais l'impression ne sera confirmée que si les démocrates parviennent à remporter au moins un siège qui semblait promis aux républicains (en Pennsylvanie, Colorado, Illinois ou Nevada), tout en gardant la Californie et Washington.
02H55 : quelqu'un me lit encore? (question rituelle)
03H00 : "Frankly, this night is looking slightly anticlimactic" (Nate Silver) Traduction libre : on s'emmerde un peu, là.
03H05 : discours de Ron Paul (Lunatic Party, Kentucky) sur C-Span. Mes oreilles saignent.
03H10 : quelqu'un a des nouvelles des candidats du Rent is Too Damn High Party?
03H20 : Joe Stestak (D) garde une avance significative (80 000 voix) avec plus de 80% des bureaux de vote comptés dans la sénatoriale de Pennsylvanie. Ça s'annonce beaucoup plus serré que prévu.
03H30 : si Michelle Malkin fait la gueule, c'est forcément une excellente nouvelle.
03H50 : "Joe Sestak, Alexi Giannoulias, and Michael Bennet all holding leads in their races (although each of those leads are tenuous and Democrats would be relatively fortunate to win 2 of the 3)" (Nate Silver) Je pense plutôt que les démocrates seraient déjà contents de garder un de ces trois sièges. Pat Toomey a désormais 30 000 voix d'avance en Pennsylvanie, avec 10% des votes à compter.
04H00 : le seul membre du Congrès vainqueur de Jeopardy! conserve (de peu) son siège.
04H30 : le constat de mi-soirée semble désormais un peu optimiste. Les républicains font mieux que prévu concernant la Chambre des représentants et pour l'instant, les résultats sont conformes aux prévisions pour le Sénat (c'est mort pour Sestak en Pennsylvanie et Giannoulias en Illinois). Le résultat le plus probable semble une courte majorité démocrate, 51-49, au Sénat -à condition que Patty Muray s'en sorte dans l'état de Washington- et environ 60 sièges de perdus à la Chambre. Pas un désastre absolu certes, mais une cuisante défaite quand même. Certes, il y aura sans doute quelque Schadenfreude dans les semaines à venir à observer la confrontation des fanatiques du Tea Party avec la dure réalité politique, juridique et économique de Washington. Mais la paralysie prévisible du pouvoir au cours des deux prochaines années aux Etats-Unis est la pire chose qui pouvait arriver au vu de la situation économique actuelle. Sale soirée, vraiment.
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04 janvier 2010
Non, ce blog n'est toujours pas mort. Mais c'est tout comme, vu la fréquence des mises à jour. Et puisque que j'ai toujours autant de mal à trouver le temps de bloguer sérieusement, mais encore, parfois, deux ou trois choses à dire sur l'actualité, la migration vers une plateforme apparemment moins chronophage s'imposait.Ca se passe à l'adresse suivante, principalement (famous last words) pour des commentaires bâclés sur des articles d'éco et des liens vers des graphiques sous Excel encore plus mal faits :
http://twitter.com/imparibus
Qui sait, peut-être que ça me redonnera l'envie de bloguer. Parce que l'exercice des 140 signes est une sacré souffrance quand on est du genre verbeux.
Rendez-vous sur Twitter, donc, et bonne année 2010 aux 3 lecteurs qui sont encore là.
Add. (05/01) : ok, Capitaine, je m'incline, c'est moi qui suis un twit. Le titre est dûment corrigé.
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10 septembre 2009
5 septembre 2009
Le ministre de l'Intérieur s'est expliqué jeudi sur la polémique née d'une vidéo où on l'entend dire, après qu'on lui a présenté un jeune issu de l'immigration: «Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes».
«Dans ma bouche, il n'y a aucune référence à une origine ethnique, explique-t-il sur RTL. Je faisais référence aux Auvergnats. Je prenais des dizaines de photos avec la délégation auvergnate, un jeune m'arrête et me demande une photo, et le public fait des commentaires sur le fait que l'Auvergne était très présente, et j'ai dit» cette phrase.
15 janvier 2009
Brice Hortefeux, alors ministre du Travail, avait déclaré en janvier dernier que la nationalité française de la secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la Ville, Fadela Amara, n'était pas "forcément" évidente.Les bougnats ont bon dos.
La secrétaire d'Etat avait assuré qu'elle n'en voulait pas à Brice Hortefeux, la remarque étant une référence à leurs origines auvergnates communes.
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02 mai 2009
Oui, ce blog est toujours aussi moribond. Mais je sors de ma torpeur printanière pour saluer l'attribution par l'American Economic Association de la prestigieuse médaille John Bates Clark au Français Emmanuel Saez (prof à UC Berkeley). Qui, contrairement aux apparences, n'est pas parent avec Damien. Ni avec Benoît.Alexandre Delaigue (prestement) et Camille Landais (longuement) ont publié des notes sur l'apport scientifique des travaux de Saez. Allez les lire sur ce point, je vais me contenter comme d'habitude d'aborder l'anecdotique et le superflu, en essayant de trier ce que ce prix comporte de bonnes et de mauvaises nouvelles, à la paresseuse manière d'Olivier Pastré.
Mais avant cela, une réponse à une double question que beaucoup se sont posé à l'annonce du prix : comment diable Saez, qui est Français, a-t-il pu remporter une médaille qui est attribuée à "l'économiste américain de moins de 40 ans qui a apporté la plus importante contribution à la pensée et à la connaissance économiques"? Et pourquoi donc Thomas Piketty n'a-t-il pas aussi été récompensé, alors qu'il a coécrit avec Saez une bonne partie des articles qui valent à ce dernier sa récompense?
La réponse est la même : parce que le prix est attribué non pas à un économiste de nationalité américaine mais à un économiste membre de l'AEA qui enseigne dans une université américaine. Ce qui a permis au Canadien David Card de recevoir le prix en 1995. Et empêche aujourd'hui Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, de l'obtenir, au-delà du fait que l'AEA n'admet pas de co-lauréats.
En avant pour les bonnes et les mauvaises nouvelles, donc.
La suite
De façon convenue, c'est évidemment une excellente nouvelle pour Emmanuel Saez lui-même, qui obtient une démonstration éclatante de la reconnaissance de ses pairs et au moins 40% de chances statistiques de remporter un jour un
On pourrait croire que c'est une mauvaise nouvelle pour Esther Duflo, une autre star française de l'économie américaine, qui était la grande favorite pour la médaille cette année. Mais, à 36 ans, il lui reste un peu de temps, d'autant que la médaille John Bates Clark sera attribuée tous les ans à partir de 2010. On voit difficilement l'AEA ne pas la récompenser prochainement.
Par contre c'est une vraie mauvaise nouvelle pour le Cercle des économistes (français) qui attribue, chaque année depuis 1999, le "prix du meilleur jeune économiste" à "un (ou une) économiste de moins de quarante ans qui combine expertise reconnue et participation active au débat public" : Emmanuel Saez a bien été nominé une fois, en 2006, mais n'a pas obtenu le prix. Ca la fout un peu mal. A la décharge du Cercle, on pourrait arguer que les critères d'attribution ne sont pas les mêmes, et que, exilé aux Etats-Unis et peu présent dans le débat public français, Saez ne remplissait pas toutes les conditions pour obtenir le prix. Mais Pierre-Olivier Gourinchas (UC Berkeley) est à vue de nez dans la même situation et a eu le prix en 2008. Ca la fout donc vraiment mal. D'autant qu'il suffisait au jury de lire mon blog pour savoir qui récompenser.
C'est aussi une mauvaise nouvelle pour l'état de la presse française, qui a été infoutue de relayer l'information et semble toujours autant se désintéresser de l'économie telle que la pratiquent les économistes.
On pourrait enfin soutenir que le prix attribué à Emmanuel Saez est plutôt une mauvaise nouvelle pour la recherche économique française, en tant qu'il souligne l'inexorable fuite de nos meilleurs cerveaux vers les universités américains. Phénomène qui ne date pas d'hier (qu'on pense à Olivier Blanchard ou Philippe Aghion), mais qui semble s'accélérer récemment : outre Emmanuel Saez, Esther Duflo et Pierre-Olivier Gourinchas, on peut aussi citer Augustin Landier (NYU), Emmanuel Farhi (Harvard) ou Thomas Philippon (NYU). Selon un article récent de Challenges, 16 des 40 premiers économistes français en termes de citation sont installés aux Etats-Unis.
En fait, au delà de l'évident biais de sélection (pour qu'un économiste français remporte la médaille John Bates Clark il faut, par définition, qu'il enseigne aux Etats-Unis), je pense que l'événement prouve plutôt les bienfaits de la mondialisation en matière de recherche scientifique, et le bénéfice que la France peut en tirer.
D'une part, il me semble qu'on peut interpréter le parcours des économistes français comme le signe d'une spécialisation efficace des pays en termes d'enseignement : solide formation en mathématiques en France (ENS ou Polytechnique la plupart du temps), puis PhD en économie aux Etats-Unis. On souligne généralement, à raison, le fait que les exilés auraient du mal à trouver, en France, un environnement intellectuel et matériel aussi propice à la recherche scientifique. Mais on peut aussi penser que la formation qu'ils ont reçue en France, en classe préparatoire et en grande école, n'est sans doute pas pour rien dans leur réussite outre-Atlantique. Au final, cet arrangement est sans doute celui qui est le plus profitable du point de vue de la discipline économique.
D'autre part, on aurait tort de croire que cette fuite des cerveaux se traduit forcément par une perte nette pour la France. Les exilés n'arrivent en effet pas les mains vides aux Etats-Unis : ils apportent avec eux des références historiques et culturelles françaises. Et ces références influencent, à des degrés divers mais nécessairement, le type de recherche qu'ils conduisent outre-Atlantique. Il en ressort souvent un éclairage nouveau sur la France, à la lueur de l'exemple américain et des comparaisons internationales. Mais l'inverse est aussi possible : ce n'est pas un hasard si ce sont deux Français, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, qui ont remis au goût du jour la recherche économique sur le thème des inégalités et ont réussi à l'imposer dans un débat américain qui vivotait sur des références vieillissantes et de plus en plus erronées au "rags to riches" et à la courbe de Kuznets.
Et ça, c'est clairement une bonne nouvelle.
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